Tresses serrées et extensions : la perte de cheveux qui devient définitive
Publié le 10 août 2026
Prise tôt, elle repousse entièrement. Prolongée, elle détruit le follicule et ne repousse plus.
L'alopécie de traction vient d'une tension prolongée ou répétée sur les cheveux : tresses serrées, cornrows, dreadlocks, tissages, extensions, défrisages, chaleur. Elle évolue en deux temps. Au début, elle ne laisse pas de cicatrice et les cheveux repoussent entièrement si l'on arrête à temps. Plus tard, le follicule est détruit et remplacé par du tissu fibreux : la perte devient définitive.
Qui est concerné ?
Elle touche des personnes de toute origine et de tout âge.
Chez l'enfant de 6 à 15 ans, sa fréquence est estimée entre 8,6 % et 21,7 % selon les études.
Chez la femme adulte, des données d'Afrique du Sud rapportent jusqu'à 31,7 % de femmes présentant des modifications capillaires liées à la traction.
Elle est bien plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.
Ce qui la provoque
Le port régulier de chignons serrés, de cornrows, de dreadlocks, de tissages et de tresses.
Les extensions, qui ajoutent un poids permanent sur des cheveux déjà tendus.
Les défrisages chimiques et la chaleur, qui fragilisent la tige avant même que la tension n'agisse.
Le poids de cheveux très longs, et les accessoires qui augmentent la tension.
Le signe qui permet de la reconnaître
Il s'appelle le signe de la frange.
Tout au fond de la lisière, sur le front ou les tempes, une rangée de cheveux fins persiste, alors que la zone juste derrière se dégarnit.
Cette rangée conservée est ce qui distingue l'alopécie de traction d'un recul de la lisière lié à une calvitie.
Les deux temps, et pourquoi le premier compte
L'évolution est en deux phases.
Dans la phase précoce, quand la tension est intermittente et modérée, l'atteinte est sans cicatrice et réversible. Arrêter la coiffure en cause peut suffire à obtenir une repousse complète.
Dans la phase chronique, la traction répétée entraîne un amincissement des follicules, une fibrose autour d'eux, et à terme leur destruction. Les glandes et les follicules sont remplacés par des travées fibreuses.
À ce stade, la repousse n'est plus possible : c'est une alopécie cicatricielle.
Ce qu'il faut faire, concrètement
Desserrer la coiffure. C'est le geste qui décide de tout, et il n'a de valeur que tôt.
Couper les cheveux longs quand leur poids entretient la tension.
Éviter d'exposer la zone atteinte aux produits chimiques et à la chaleur.
Des traitements existent — corticoïdes locaux ou en injections, minoxidil — et pour les formes cicatricielles anciennes, la greffe est une option chirurgicale.
Quand consulter un médecin
- Une lisière qui recule alors qu'une rangée de cheveux fins persiste devant.
- Une douleur ou des picotements du cuir chevelu après le coiffage : c'est un signal de tension excessive.
- Des petits boutons ou des croûtes autour des racines tirées.
- Une zone dégarnie qui ne repousse pas malgré l'arrêt de la coiffure depuis plusieurs mois.
Questions fréquentes
Est-ce que ça repousse ? Oui, si l'on arrête tôt, tant qu'il n'y a pas de cicatrice. Non, une fois le follicule détruit.
Faut-il tout arrêter définitivement ? Il s'agit surtout de desserrer et d'alterner, plutôt que de tirer en permanence sur les mêmes zones.
Pourquoi la douleur compte-t-elle ? Une coiffure qui fait mal est une coiffure trop serrée. La douleur est le seul avertissement précoce disponible.